En bref
Le CJC-1295 est un analogue de synthèse de la GRF (1-29), fragment actif de la GHRH qui stimule la sécrétion d’hormone de croissance (GH). L’ipamorelin est un pentapeptide qui agit sur un autre récepteur, celui de la ghréline. La recherche associe ces deux voies parce que leurs effets se renforcent.
- CJC-1295 avec DAC : lié à l’albumine, demi-vie de 5,8 à 8,1 jours chez l’adulte sain (Teichman 2006)
- CJC-1295 sans DAC, ou modified GRF (1-29) : même chaîne, sans liaison à l’albumine
- Ipamorelin : demi-vie de 2 heures chez l’humain (Gobburu 1999)
- GHRH et GHRP : synergie sur la GH chez 18 hommes sains (Bowers 1990)
Axe somatotrope, GRF (1-29) et sermorelin
L’axe somatotrope règle la sécrétion de GH par l’hypophyse : la GHRH la stimule, la somatostatine la freine, la ghréline la stimule par son propre récepteur et l’IGF-1 relaie une partie de ses effets. La GRF (1-29) est le fragment de 29 acides aminés qui porte l’activité de la GHRH.

La GHRH de 44 acides aminés a été isolée en 1982 (Guillemin 1982, Science). La ghréline, ligand de 28 acides aminés du récepteur des sécrétagogues, exige l’octanoylation de sa sérine 3 pour être active (Kojima 1999, Nature). L’axe somatotrope est aussi abordé dans peptides et musculation.
La GHRH native est brève : dans le plasma humain, une dipeptidylaminopeptidase la coupe en GRH (3-44), presque inactive, et sa demi-vie après injection intraveineuse était de 6,8 minutes (Frohman 1986, J Clin Invest). La sermorelin, 29 acides aminés, est le plus court peptide de synthèse doté de toute l’activité de la GHRH (Prakash 1999, BioDrugs).
CJC-1295 avec DAC ou sans DAC : quelle différence ?
Le CJC-1295 avec DAC est une GRF (1-29) tétrasubstituée, prolongée par une lysine portant un groupe maléimidopropionamide qui se lie de façon covalente à l’albumine. Le CJC-1295 sans DAC, ou modified GRF (1-29), est la même chaîne sans ce groupe. Les essais humains cités ici portent tous sur la version avec DAC.
Chez le rat, le CJC-1295 avec DAC se fixait à l’albumine, restait dans le plasma au-delà de 72 heures et quadruplait l’aire sous la courbe de GH sur deux heures par rapport à la hGRF (1-29) (Jetté 2005, Endocrinology). Chez l’adulte sain, une injection unique a augmenté la GH moyenne de 2 à 10 fois pendant au moins 6 jours et l’IGF-1 de 1,5 à 3 fois pendant 9 à 11 jours (Teichman 2006, J Clin Endocrinol Metab). La pulsatilité de la GH restait conservée, avec une GH basale multipliée par 7,5 (Ionescu 2006, J Clin Endocrinol Metab).
Aucune publication vérifiée ici ne mesure la demi-vie humaine de la version sans DAC. Une autre stratégie d’allongement est décrite dans pégylation et demi-vie des peptides.
Ipamorelin, GHRP-6 et GHRP-2 sur le récepteur de la ghréline
L’ipamorelin, le GHRP-6 et le GHRP-2 libèrent la GH par le récepteur de la ghréline, GHS-R1a. Ce qui les distingue est la sélectivité : dans l’étude d’origine, seul l’ipamorelin n’élevait ni l’ACTH ni le cortisol.

Le GHRP-6, hexapeptide décrit en 1984, libérait la GH sans LH, FSH, TSH ni prolactine (Bowers 1984, Endocrinology). Chez six adultes jeunes, le GHRP-2 élevait aussi la prolactine, l’ACTH et le cortisol (Arvat 1997, Peptides). L’ipamorelin avait, sur cellules hypophysaires de rat, une puissance proche du GHRP-6 ; chez le porc, il n’augmentait ni l’ACTH ni le cortisol, même à plus de 200 fois sa DE50 (Raun 1998, Eur J Endocrinol).
| Molécule | Classe | Récepteur | Longueur | Demi-vie citée | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| GHRH | hormone | GHRH-R | 44 résidus | 6,8 min (Frohman 1986) | endogène |
| Sermorelin | analogue GHRH | GHRH-R | 29 résidus | non précisée | test diagnostique |
| CJC-1295 avec DAC | analogue GHRH | GHRH-R | 29 résidus et lysine | 5,8 à 8,1 jours (Teichman 2006) | essais de 2006 |
| CJC-1295 sans DAC | analogue GHRH | GHRH-R | 29 résidus | non mesurée | réactif |
| Ipamorelin | sécrétagogue sélectif | GHS-R1a | 5 résidus | 2 h (Gobburu 1999) | phase 2 non concluante |
| GHRP-6 | sécrétagogue | GHS-R1a | 6 résidus | non précisée | décrit en 1984 |
| GHRP-2 | sécrétagogue | GHS-R1a | analogue du GHRP-6 | non précisée | hausse d’ACTH |
Pourquoi associer un analogue de la GHRH et un sécrétagogue ?
La recherche associe un analogue de la GHRH et un sécrétagogue parce que les deux voies sont indépendantes et que leur effet combiné sur la GH dépasse la somme des effets séparés. Cette synergie a été mesurée chez l’humain avec le GHRP-6 et la ghréline.
Chez 18 hommes sains, des doses sous-maximales de GHRP associées à la GHRH ont libéré la GH de façon synergique (Bowers 1990, J Clin Endocrinol Metab). En 2001, chez des hommes adultes sains, de faibles doses de ghréline associées à la GHRH ont dépassé la somme des réponses isolées, sans synergie sur l’ACTH ni la prolactine (Hataya 2001, J Clin Endocrinol Metab). Aucune publication vérifiée ici n’a testé le mélange CJC-1295 sans DAC et ipamorelin lui-même. Le classement de cette famille figure dans familles de peptides de recherche.
Limites des données
Les données sur le CJC-1295 et l’ipamorelin restent minces : essais courts chez des volontaires sains, études animales et un essai de phase 2 sans effet significatif. Elles ne permettent de conclure à aucun bénéfice chez l’humain.
Chez 114 patients analysés après résection intestinale, le délai médian avant le premier repas toléré était de 25,3 heures sous ipamorelin contre 32,6 sous placebo (p = 0,15) (Beck 2014, Int J Colorectal Dis). Une revue de 2018 note le manque d’études longues et contrôlées et une possible hausse de la glycémie (Sigalos 2018, Sex Med Rev). Aucune autorisation du CJC-1295 ou de l’ipamorelin comme médicament n’est documentée ici ; leurs classes figurent en catégorie S2 de la liste de l’AMA.
Qualité du matériel et où le trouver pour la recherche
La qualité d’un mélange CJC-1295 et ipamorelin se juge sur la pureté chromatographique et l’absence de molécules voisines. Le certificat du lot ATCJI-10-2509-01 renseigne ces deux points.
Le flacon Molequa® est étiqueté 10 mg : 5 mg de CJC-1295 sans DAC et 5 mg d’ipamorelin. Le rapport AN-2026-00012 du laboratoire indépendant Analyton Labs, daté du 22 septembre 2026, indique une pureté de 99,25 % en RP-HPLC (C18, 214 nm, trace de contrôle à 280 nm). Cette pureté est la part du pic principal, pas la quantité de peptide dans la poudre ; la teneur en peptide, 85,03 % m/m, n’est donnée que pour le CJC-1295 sans DAC. Le criblage n’a trouvé ni CJC-1295 avec DAC, ni GHRP-2, ni GHRP-6, ni sermorelin au-dessus de 0,05 % (certificat du lot). Le réactif est disponible ici : Ipamorelin + CJC-1295 pour la recherche.
Questions fréquentes
Quelle différence entre CJC-1295 avec DAC et sans DAC ?
La version avec DAC se fixe à l’albumine ; sa demi-vie chez l’adulte sain était de 5,8 à 8,1 jours. La version sans DAC n’a pas ce groupe et sa demi-vie humaine n’est pas publiée dans les sources citées.
Le CJC-1295 et la sermorelin sont-ils la même molécule ?
Non. Les deux dérivent de la GRF (1-29), mais le CJC-1295 porte quatre substitutions et, avec DAC, un groupe de liaison à l’albumine.
Sur quel récepteur agit l’ipamorelin ?
Sur GHS-R1a, le récepteur de la ghréline. Le CJC-1295 agit sur celui de la GHRH.
L’ipamorelin est-il différent du GHRP-6 ?
Oui. Leur puissance est proche, mais chez le porc, le GHRP-6 élevait l’ACTH et le cortisol, pas l’ipamorelin.
Le mélange CJC-1295 et ipamorelin a-t-il été étudié chez l’humain ?
Pas dans les publications vérifiées pour cet article. La synergie a été mesurée avec le GHRP-6 et la ghréline.
Ces informations sont destinées à la documentation scientifique. Les produits Molequa® sont exclusivement réservés à la recherche en laboratoire (RUO) et ne sont pas destinés à un usage humain ou vétérinaire.
